l'infos du monde de dernières minutes 7j/7

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(rfi.fr)Sur twitter, les Libanais se mobilisent contre le blocage de l’enquête sur l’explosion du port.

 (rfi.fr)Sur twitter, les Libanais se mobilisent contre le blocage de l’enquête sur l’explosion du port.

Presqu’un an après la double explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020, qui a fait 200 morts, 6500 blessés et détruit une partie de la capitale libanaise, l’enquête sur ce drame n’a toujours pas abouti. La procédure a été bloquée par l’immunité dont jouissent les hauts responsables inculpés, provoquant la colère des Libanais qui se manifestent sur les réseaux sociaux. Publicité

de notre correspondant à Beyrouth,

À la mi-juillet, le juge d’instruction Tarek Bitar a lancé une véritable bombe en inculpant d’anciens ministres, des députés et des chefs de services de sécurité mais la protection dont bénéficient ces hauts responsables a irrité les Libanais. Des militants de la société civile ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux intitulée « les députés du nitrate », en allusion au stock de 2 700 tonnes de cette matière qui a explosé le 4 août 2020.

Cette campagne est une réponse à une pétition signée par 28 députés sur les 128 que compte le Parlement, et réclamant que les responsables inculpés par le juge d’instruction ne soient pas jugés devant la justice pénale mais comparaissent plutôt devant le Haut Conseil pour le jugement des présidents, des ministres et des députés. Il s’agit d’une instance créée en 1926 et qui n’a jamais jugé personne en 95 ans.

Le Parlement libanais avait rejeté la demande du juge d’instruction d’inculper trois anciens ministres et actuels députés, Nouhad Machnouk, Ghazi Zéaiter et Ali Hassan Khalil. La Chambre a réclamé à l’enquêteur en chef les documents et les preuves dont il dispose ; une requête que le magistrat a rejetée.

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Appel à la mobilisation le 4 août

Le mot-dièse « #lesdéputésdunitrate », lancé par les familles des victimes du drame du 4 août s’est répandu comme une traînée de poudre sur twitter. Les photos des 28 signataires de la pétition ont été publiées sur les réseaux sociaux avec des commentaires les accusant d’obstruction à la justice. La campagne a provoqué un grand embarras au sein de la classe politique traditionnelle, poussant plusieurs signataires de la pétition parlementaire à retirer leur signature.

La campagne s’est intensifiée avec l’apparition d’autres hashtag, comme « les députés de la honte », ou « la racaille de la nation ». Des milliers d’internautes ont suivi ces mots-clés appelant à la levée de l’immunité parlementaire. Devant l’ampleur des protestations virtuelles, le barreau de Beyrouth a levé l’immunité de deux des députés, qui sont en même temps avocats, autorisant leur comparution devant la justice pénale.

Malgré les pressions, le Parlement n’a donné aucun signe montrant qu’il ferait marche arrière et autoriserait que trois de ses membres soient jugés devant une cour pénale. Les dirigeants de la Chambre se barricadent derrière le texte constitutionnel, même si cet argument ne satisfait pas l’écrasante majorité des Libanais.

En tout cas, les familles des victimes et les militants de la société ne baissent pas les bras. Les appels à manifester le 4 août se multiplient sur les réseaux sociaux et la mobilisation promet d’être importante.

kadi

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