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(Guineenews.org)Que sont-ils devenus ? Rizo Bangoura, lauréat du prix découvertes RFI, revient sur son parcours et le célèbre titre ‘’ Dyéré léré’’

 (Guineenews.org)Que sont-ils devenus ? Rizo Bangoura, lauréat du prix découvertes RFI, revient sur son parcours et le célèbre titre ‘’ Dyéré léré’’

Le succès est un danger pour celui qui ne sait pas le gérer. Il faut toujours laisser le succès te suivre et par contre, ne suit jamais ton succès

Ibrahima Rizo Bangoura est un artiste, chanteur, auteur compositeur, interprète et arrangeur.  Mais aussi lauréat du prix spécial RFI en 1990.

Pour une date et lieu de naissance, une filiation ou un état matrimonial, selon le synopsis de la rubrique ‘’Que sont-ils devenus ?’’,  l’artiste décline cette forme pour des raisons personnelles et se contente de se soumettre au reste des questionnaires de votre quotidien électronique Guinéenews. Nous l’avons rencontré à Kipé, dans la commune de Ratoma.

Très tôt, Rizo Bangoura s’est accroché aux bras de sa grande sœur à Siguiri plus précisément à Kintinian pour suivre pendant 3 ans ce cycle primaire en qualité d’auditeur libre. Pour une première année d’inscription scolaire officielle, vu l’âge et l’aptitude du jeune Ibrahima Sory Bangoura, séparé de sa sœur, il continuera le reste du cycle primaire jusqu’en 6ème année entre Siguiri et Gaoual.

Le jeune Rizo (dont le papa, fonctionnaire muté à Mamou) va fréquenter le collège Hadja Mafory Bangoura et le lycée Amilcar Cabral de Mamou. Après l’obtention de ses deux bacs et son passage en 13 ème de l’époque, Rizo va opter pour l’école du commerce pratique, d’où il obtiendra son diplôme en qualité de fiscaliste.

Dans cette interview, Rizo nous décrit son parcours musical depuis sa tendre enfance, en passant par ‘’Espoir Junior’’ de Mamou, le ‘’Bafing jazz’’, le ‘’Koloum jazz’’ de Tougué, le ‘’Kolima jazz’’ de Labé, l’orchestre national ‘’Kèlètigui et ses tambourinis’’ et finalement ‘’l’African groove’’ de Maitre Barry. Bien entendu qu’il a dirigé ses propres ensembles dénommés, ‘’Rizo harmonie’’ et ‘’Rizo quartet’’.

Lauréat du prix spécial RFI en 1990 après feu Sékou Verel Sylla, Rizo Bangoura, nous plonge dans ses beaux et mauvais souvenirs. Il explique ici les causes de son court parcours au sein du Bembeya jazz national et nous énumère dans sa discographie, le nombre d’albums produits.

Avec Rizo Bangoura, nous évoquons également l’évolution actuelle de la musique guinéenne.

Lisez l’interview

Guineenews : comment êtes-vous venu dans ce monde artistique ?

Rizo Bangoura : Depuis ma tendre enfance à Siguiri, j’ai appris à jouer au tam-tam, aux côtés de mes amis de l’école primaire. Très éloquent à l’époque, mon père me donnait toutes les occasions à la maison d’égayer ses visiteurs à travers mes récitations. C’est d’ailleurs dans la sous-préfecture de Kintinian (Siguiri), que j’ai commencé à jouer au bolon.

Arrivé à Gaoual, la même flamme a subsisté en moi et je suivais l’orchestre fédéral dans ses prestations bien que jeune, jusqu’au moment où mon père fut muté Secrétaire général de région à Mamou.

Arrivé à Mamou, je fus recruté tout d’abord en tant que pionnier dans la Brigade fédérale de Mamou. Au temps de la Révolution, vu le poste qu’occupait mon père, nous avions en grand nombre intégré les activités sportives, artistiques et culturelles. Je faisais la troupe fédérale, danseur de ballets. Une de mes sœurs pratiquait le volley Ball et une autre le Basket Ball. Je rappelle que j’ai joué dans les chœurs Mamby, PDG, Farafin Mansa, ainsi que dans la pièce ‘’Ousmen’’.

Pour revenir à votre question, j’ai commencé la musique moderne orchestrale à Mamou et plus précisément au sein de l’orchestre ’’Junior Espoir de Mamou’’. J’ai partagé la scène musicale avec un certain Wann qui vit présentement à l’extérieur et Abdoul Gadiri Diallo qui était notre guitariste soliste.

De festivals en festivals, finalement le Bafing Jazz a eu besoin de moi à cause du démembrement provoqué par le départ de Emile Béni Soumah pour l’orchestre Balla et ses Baladins. Mon transfert dans le Bafing Jazz, ne fut pas facile, puisque mon père me connaissait membre de la troupe fédérale et non musicien d’un orchestre. Mon ami Wann venait me chercher dans les environs de 0 heure à la maison sur vélo.

 Je sautais  le mur pour rejoindre le lieu de la soirée. Notre formation avait l’opportunité de continuer la soirée après les prestations du Bafing jazz. A la fin de la soirée, je revenais tardivement par le même moyen et toujours en cachette. Il n’a pas été facile de convaincre mon père afin de rejoindre le Bafing jazz. Finalement, il était obligé puisque la Révolution avait besoin d’un jeune militant.

J’ai été proposé par le guitariste soliste d’alors Malto Mory, qui était chef d’orchestre et qui est l’auteur de tous ces inaltérables solos de guitare des chansons à succès du Bafing Jazz de Mamou. J’étais déjà prédisposé et je pouvais reprendre tout le répertoire de Emile Beni Soumah depuis ‘’Junior Espoir’’. Aux côtés de mon frère Ringo et feu Abdoul Karim Sylla ‘’Chuck Berry’’, je n’ai eu aucune difficulté d’adaptation au sein du Bafing jazz bien que Chuck Berry aussi avait rejoint l’orchestre Kèlètigui et ses tambourinis.

Sur le parcours musical, je suis passé aussi dans le Koloum Jazz de Tougué et plus tard dans le Kolima Jazz pour enfin être recruté dans Kèlètigui et ses tambourinis.

Guineenews : Rizo Bangoura en compagnie de Kèletigui et ses tambourinis est une autre histoire à faire connaitre aux lecteurs. Alors comment Rizo s’est-il retrouvé dans cette grande formation nationale ?

Rizo Bangoura : Je l’avoue que c’est par l’intermédiaire du frère Ringo Bangoura qui avait déjà rejoint ces grands musiciens, que je fus copté par cet ensemble. J’avais plusieurs demandes d’intégration dans les orchestres. Mon beau-frère Mohamed Mounir Camara qui m’avait offert mon premier clavier, voulait bien que je vienne au sein de l’orchestre Balla et ses baladins.

Le destin a voulu que je me retrouve au sein de l’orchestre Kèlètigui et ses tambourinis. J’ai partagé le micro longtemps avec Ringo, et les défunts Manfila Dabadou et Chuck Berry.

Guineenews : Vous aviez été lauréat du Prix Spécial RFI en 1990 après feu Sékou Verel Sylla. Quels sont vos plus beaux et mauvais souvenirs qui vous reviennent ?À LIRE AUSSI

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Rizo Bangoura : un de mes plus beaux souvenirs, est le jour où mon Papa à la retraite s’est déplacé de notre village de Kouria pour venir me congratuler, suite à ma distinction reçue pour le Prix Spécial Découvertes RFI.

A ce plus beau souvenir, je rajoute ma rencontre avec le Dragon de la chanson africaine Aboubacar Demba Camara en 1972. Le Bembeya était là pour l’inauguration du Bafing Bar et j’évoluais dans le ‘’Junior Espoir’’. Membre du conseil d’administration du collège Hadja Mafory Bangoura, en séance d’investissement humain autant de la Révolution, j’ai aperçu haut sur jambes paré d’une jaquette de couleur noir un monsieur attentif et qui attendait d’être déposé. L’ambiance habituelle pendant ces reboisements ou exercices du genre, animateur que j’étais pour redonner du courage aux autres camarades, je me suis mis à danser. Ce jour, l’aubaine m’a conduit à chanter  ‘’Nyamakoro’’ ou ‘’Soli de WASSOULOU ‘’ du Bembeya jazz national. Feu Aboubacar Demba Camara séduit par mes pas de danses, m’a offert des jetons (de 5 Syli). C’est un souvenir que je garderai pour toujours.

Mon plus mauvais souvenir est le décès de ma grand-mère maternelle Sayon Soumah, qui m’a entretenu depuis mon enfance. Elle était pour moi comme une mère biologique.

Guineenews : Rizopeut-on savoir plus votre discographie ?

Rizo Bangoura : Comme je vous l’ai déjà fait savoir, mon premier piano m’a été offert par mon beau M. Mounir Camara et c’est avec ce piano que j’ai réalisé mon premier album. Au total, j’ai fait trois albums. Ce premier au temps de la Révolution n’a pas du tout marché. Le second est intitulé ‘’Simaya’’, le troisième ‘’Tankadi’’ a été réalisé en compagnie de African groove de Maitre Barry.

Guineenews : Récemment, suite au rappel à Dieu de Youssouf Bah ’’Youyou’’le Bembeya jazz vous a fait appel comme plusieurs autres chanteurs pour étoffer la section chant. Votre arrivée fut un feu de paille. Qu’est ce qui s’était réellement passé ?

Rizo Bangoura : Avec le Bembeya, disons que ce n’est pas un coup qui a vraiment réussi. Mes conditions posées à l’avance n’ont pas été respectées. J’ai simplement demandé d’être reconnu officiellement dans cet ensemble et ce n’était pas, par orgueil ou pour un niveau quelconque atteint aujourd’hui dans la pratique de la musique. C’est ainsi, petit à petit, je me suis retiré et rassurez-vous que tout va bien entre moi et tous les éléments de cet ensemble.

Guineenews : Vous faites partie d’une des vieilles générations de musiciens guinéens. Quel est votre point de vue sur l’évolution actuelle de cette musique ?

Rizo Bangoura : Pour dire la franche vérité, la musique guinéenne commence à perdre ses vraies valeurs. Je ne peux pas accuser tout le monde et il est honnête de reconnaitre qu’il y a rares qui font de la musique guinéenne. Accrochons-nous pour mieux être à la hauteur de ce que nous méritons en matière de musique. Revenons à la source et faisons plaisir aux mélomanes.

Guineenews : peut-on savoir comment Rizo parvient-il à joindre les deux bouts ?

Rizo Bangoura ; Grace à mes droits d’auteurs surtout de mes prestations. Malheureusement, cette pandémie vient s’intercaler et nous empêche de vivre décemment de nos métiers d’artistes.

Guineenews : Avez-vous des projets en vue ?

Rizo Bangoura : Pour l’instant, je suis en train de me planifier et pleines d’actions sont en vue. Quotidiennement, je continue à donner des cours de musique ou de claviers à plusieurs familles étrangères résidant en Guinée. Ce sont des personnalités qui ont confiance et qui demande mon apport.

Je vous signale qu’après ma distinction en tant que lauréat prix découvertes RFI, en 1992, l’USAID m’a fait bénéficier d’une formation au conservatoire de la musique de Dakar pour une période de 6 mois. Onze pays étaient représentés et j’ai profité pour apprendre tas de choses sur le plan de la musique, notamment le jazz et la musique classique. J’ai présentement des maquettes mais je n’ai pas encore de producteurs et je ne veux pas rentrer dans tous ces détails. Ce qui reste évident, sachez que je suis toujours prolifique et ma marmite à chanson peut à tout moment faire bouillir de la bonne sauce.

Guineenews : Pour avoir appartenu à ce grand ensemble national Kèlètigui et ses tambourinis, qui a perdu la presque totalité de tous ses membres, que pensez-vous de la mort ?

Rizo Bangoura : la mort c’est la mort et attendons tous cette finalité. Prions pour le repos des âmes de nos devanciers. J’attends mon tour et je suis conscient de cette évidence.

Guineenews : Avant la mort, il y a ce succès en tant qu’artiste que l’on savoure le plus souvent. Qu’est-ce qu’il représente pour vous ce triomphe ?

Rizo Bangoura : Sans modestie, c’est évident que je me baigne toujours par endroits de mon petit succès à chaque passage. Le succès est un danger pour celui qui ne sait pas le gérer. Il faut toujours laisser le succès te suivre et par contre, ne suit jamais ton succès.

 Guineenews : Cette célèbre chanson de Bah Sadio ‘’Dyéré léré’’ vous a rendu aussi célèbre. Comment tout cela est parvenu ?

Rizo Bangoura : Tout au début, avant d’interpréter cette chanson, l’opportunité m’a été offerte par Brada qui fut Préfet à Boffa et qui est un intime ami. Pour un premier temps, il m’a dit de choisir sur l’album, un autre titre,  ce n’était pas ‘’Dièrè lélé’’ qui attirait mon ami. Finalement, j’ai décidé de choisir ce titre.

Je suis parvenu à toucher du doigt la réalité du côté de Lélouma. A la recherche de cette grande dame dont je vais taire le nom et qui fut à la fois la prétendante du chef du village et la bien-aimée de Baldé Sadio, ma guitare en main et ma voix dans ce titre, a fait évanouir cette perle du retour du marché qui n’y croyait pas.

Une femme aimée par le chef du village, Baldé Sadio aimé par le même chef et qui adorait cette femme, s’est retrouvée dans une confusion. Pour exprimer son état d’âme dans cette chanson, il dira ‘’Dyéré lèlè ko mo Baldé Sadio, a andi, mi andi, bhè anday, on andi. (Littérairement traduit en français, cette perle est à Baldé Sadio. Tu l’as su, je le sais, ils le sauront et il le saura ou il va le savoir). Dans le vrai sens du mot, ‘’Dyérélèlè, c’est une veillée au clair de lune. Ce qui d’ailleurs a permis à cette troupe artistique de se donner en équation réversible le nom ‘’Lewru dyèrè’’.

Cette chanson n’est qu’une comparaison d’une beauté divine similaire au clair de lune. C’est une chanson qui a un contenu historique et qui mérite d’être relatée pour la p

houssainatou

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