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(rfi.fr)Syrie: situation explosive dans le camp d’al-Hol.

 (rfi.fr)Syrie: situation explosive dans le camp d’al-Hol.

Le camp d’al-Hol regroupe les familles des combattants de l’État islamique emprisonnés, mais également des déplacés de guerre. Plus de 60 000 personnes, en majorité syriennes et irakiennes, y vivent dans des conditions sanitaires et sécuritaires très difficiles. Les crimes se multiplient. Publicité

De nos envoyés spéciaux au camp d’al-Hol, dans le nord-est de la Syrie

Autorisations, fouilles au corps… Pour entrer dans le camp d’al-Hol, il faut montrer patte blanche. Et nous ne pouvons pas aller très loin, juste au marché à une centaine de mètres de là. « Après, c’est trop dangereux », affirment les gardes kurdes chargés de la sécurité. Des meurtres ont lieu tous les jours sous les tentes qui s’étendent à perte de vue. À l’intérieur de ce camp, qui abrite des familles de jihadistes et des déplacés de guerre, on peut circuler librement, mais on ne peut pas sortir.

Autour de nous, au milieu de la poussière et de la chaleur, une foule de femmes en noir se forme. Toutes portent un niqab et des gants, ne laissant apparaitre que leurs yeux. Elles nous interpellent. « Les conditions de vie sont très difficiles. On est maltraité, ils nous retiennent ici avec cette chaleur, sans eau. Il y a beaucoup d’ordures, autour des tentes. On marche des kilomètres pour avoir de l’eau », lance l’une d’elle tandis qu’une autre, des sanglots dans la voix, supplie : « Par Dieu, allez voir la situation dans le camp ! La pauvreté, les enfants malades… Nous vendons de l’alimentation fournie par les ONG pour avoir de l’argent. On n’a pas assez à manger. Tout est cher, on en a marre ! ».

« On est tous État islamique dans ce camp ! »

Ces femmes viennent majoritairement d’Irak. Elles racontent avoir rejoint la Syrie pour fuir les milices chiites dans leur pays. Elles se seraient retrouvées, malgré elles, au milieu des combats entre les Forces démocratiques syriennes et l’État islamique, avant d’être emmenées dans ce camp. Mais au bout de quelques minutes, certaines avouent leur adhésion à l’idéologie de l’EI. « Sous les lois de l’État islamique, au moins on vivait en sécurité. Ils ne nous faisaient pas de mal. Ils suivaient les règles du Coran et de la Sunna et les lois du prophète Mohamed ! », lance une femme. Une dispute éclate. « Arrête de dire ça, sinon on ne sortira jamais d’ici ! » « Quand t’étais à Baghouz, tu disais que t’étais avec l’État islamique, maintenant tu dis le contraire ? rétorque la première femme. On est tous État islamique dans ce camp ! »

► À lire aussi : Procès du 13-Novembre: rencontre avec les épouses des frères jihadistes Fabien et Jean-Michel Clain

L’insécurité est totale à al-Hol

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Certaines de ces femmes étaient mariées à des combattants de l’EI, tués durant l’assaut final sur Baghouz en 2019. D’autres hommes sont morts dans le camp d’al-Hol. L’insécurité y est totale.

Une jeune femme nous entraîne à l’écart de la foule : « Il y a des meurtres, des assassinats plusieurs fois par jour. Je passe mes nuits sans dormir, car j’ai peur des assassinats et aussi des patrouilles, confie-telle. Mon mari a été tué dans le camp. Il travaillait comme gardien au marché et il a été tué ici. » Les hommes qui acceptent un travail proposé par les forces kurdes, en charge du camp, sont souvent considérés comme des traîtres et risquent la mort, nous explique-t-on.

Des évasions pour quelques milliers de dollars

Pour les 40 000 Irakiens qui peuplent la majorité du camp d’al-Hol, des retours au pays ont commencé à être organisés, mais au compte-gouttes. Alors certains rêvent de s’évader. Pour quelques milliers de dollars, on peut payer son ticket pour la liberté. « Si j’avais de quoi payer, je paierais des milliers de dollars, mais je ne les ai pas, affirme un vieil homme. Et vous pouvez demander à tout le monde ici, les passeurs reçoivent beaucoup d’argent des Irakiens. » Mais la liberté n’est pas garantie. « Parfois, ils réussissent à sortir des gens du camp, mais ces derniers sont arrêtés juste après et remis dans le camp et battus. »

La situation dans le camp d’al-Hol est intenable et particulièrement préoccupante pour les jeunes. « Nous avons deux fils de 12 et 14 ans. Nous sommes très inquiets pour eux car s’ils grandissent dans ce camp, ils ne pourront pas retourner en Irak », se lamente une femme. Il n’y a pas d’avenir pour eux. « Mon fils de 14 ans ne sait même pas lire ! Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça ? » Il n’y a pas d’avenir dans le camp d’al-Hol. Les jeunes apparaissent désœuvrés, à la merci des éléments les plus radicaux.

► À écouter aussi : Raqqa, ex-capitale de l’État islamique, peine à se reconstruire

kadi

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