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(rfi.fr)Face au régime des talibans, le quotidien des femmes afghanes oscille entre colère, effroi et honte

 (rfi.fr)Face au régime des talibans, le quotidien des femmes afghanes oscille entre colère, effroi et honte

Depuis qu’ils ont pris le pouvoir en août dernier, ils durcissent leurs lois quant au respect de leur vision rigoriste des préceptes religieux de l’islam. Ils ont récemment interdit aux femmes de voyager non accompagnées d’un homme de leur famille lorsqu’elles voyagent au-delà de 72 km et de monter leur visage lorsqu’elles circulent à bord de taxis, 

Le quotidien des femmes afghanes a été modifié récemment avec nouvelles les règles édictées par les talibans. Les témoignages qui parviennent à RFI donnent une idée du durcissement des règles. Des journalistes confient devoir se couvrir le visage désormais lorsqu’elles sont en reportage à l’extérieur, ce qu’elles ne faisaient pas il y a encore deux semaines.

On se rend compte que les expériences sont très différentes. Certaines femmes n’ont pas modifié leurs habitudes, leur tenue vestimentaires, mais d’autres ont eu de mauvaises expériences. Une femme qui travaillait dans un hôpital a accepté de témoigner pour RFI. Mais elle a demandé à rester anonyme. Lors d’un trajet en taxi, un policier taliban a arrêté la voiture parce que les femmes à l’arrière avaient le visage non couvert. Le taliban a dit au chauffeur : « Ces femmes doivent couvrir leur visage, être accompagnées d’un homme de leur famille et vous devez vous arrêter et aller prier lorsque c’est l’heure de la prière ». Le chauffeur a tenté d’expliquer que ces femmes travaillaient à l’hôpital, mais le policier taliban lui a répondu : « Ça n’a aucune importance, qu’il s’agisse de docteurs ou d’enseignantes, c’est la même chose pour tout le monde ». 

Effroi, colère et honte 

Les passagères de la voiture étaient sous le choc. Interloquées d’expérimenter ces nouvelles règles dont elles entendent parler, certes à la télévision, mais qui restent presque irréelles surtout à Kaboul dans la capitale.  La jeune femme qui a envoyé sa vidéo à RFI a confié son désarroi : « J’ai pleuré tout le long du chemin. Je n’arrêtais pas de me répéter : mais où est-on, où est-on ? Pourquoi couvrir notre visage est si important, est plus important que notre sécurité, que notre situation économique et que tous les autres problèmes que notre pays connait ? Je me disais : mais comment peut-il prétendre en tant que musulman me regarder et avoir l’autorité de m’ordonner de couvrir mon visage ou de me dire ce que je dois porter ou non. »

D’autres règles ont été édictées, des décisions sont parfois prises localement et qui montrent finalement que les talibans n’ont vraiment pas changé. Dans l’ouest du pays, à Herat, des talibans s’en prennent à des mannequins en plastique dans les vitrines des magasins. Ils les décapitent, scient leurs têtes parce qu’elles sont jugées indécentes. Leur utilisation est en effet considérée comme non conforme aux préceptes de l’Islam. Certains magasins avaient avant cela recouverts de sacs en plastique noir les têtes de ces poupées de présentation.

Une violence physique… et psychologique

Un mannequin sans tête et un autre avec la tête couverte sont vus dans un magasin de vêtements pour femmes à Herat. – AFP

Une vidéo sur Twitter est devenue virale récemment également. On y voyait un jeune homme se faire couper violemment les cheveux en pleine rue par un taliban parce qu’il avait une coupe considérée comme trop occidentale.

Ce genre d’événements se multiplient et soulèvent une vague de consternation et de colère en Afghanistan parmi la société civile.

Mais la terreur qu’inspire les fondamentalistes religieux fait taire tout le monde, ceux qui osent critiquer s’exposent à des représailles. Avant-hier encore, un professeur de l’université de Kaboul, qui avait osé critiqué publiquement sur les réseaux sociaux et à la télévision, le régime taliban, a été arrêté.

houssainatou

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