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(rfi.fr)À la Une: 31 millions d’abstentionnistes.

 (rfi.fr)À la Une: 31 millions d’abstentionnistes.

C’est le chiffre du jour. Le chiffre faramineux que l’on retiendra de ce premier tour des régionales et départementales. 

« Certains parlaient d’un tour de chauffe à dix mois de la présidentielle. On se réveille plutôt avec l’impression que le moteur de notre démocratie tourne à vide, soupire La Croix. À bien des égards, ce premier tour des régionales est riche en surprises. Sauf sur un point : comme prévu, un record d’abstention a été battu ce dimanche. Jamais aucun scrutin, hors référendum, n’a aussi peu mobilisé. À peine 34 % de participation. 31 millions de Français (donc) ont fait le choix de ne pas s’exprimer. Comme tout silence, celui-ci va donner lieu à de multiples interprétations. Les abstentionnistes naviguent entre indifférence, désillusion, dépit, colère et sans doute aussi – pour certains – peur du virus. »

Un scrutin cannibalisé par la présidentielle

« Une démocratie très mal en point, renchérit Libération. C’est le premier constat qui s’impose à l’issue du premier tour des régionales et ­départementales. L’abstention s’annonçait massive. C’est pire : elle atteint un record ­historique que le Covid ne peut à lui seul expliquer. »

En fait, analyse Libé, « la France souffre non pas d’une demande de politique, mais d’une offre qui laisse l’électeur sur le bord de la route. Le mouvement des gilets jaunes avait mis en lumière cette ­coupure, qui ne date pas de ce quinquennat, entre les citoyens et les politiques. Pour ces scrutins, à la place d’une campagne où les enjeux régionaux et départementaux (aides sociales, développement économique, politique des transports, etc.) auraient été largement débattus, les partis ont préféré se ­livrer à un tour de chauffe de la prochaine présidentielle. L’instrumentalisation du thème de la sécurité par le RN, LR et la majorité présidentielle étant le pire exemple de cette confiscation. »

« On aurait voulu… »

Le Figaro est tout aussi dépité. « On aurait voulu, comme il est de coutume au soir des élections, peser au trébuchet le rapport des forces sorti des urnes. On aurait voulu saluer la victoire surprise de la droite, à qui le chœur politico-médiatique promettait depuis des semaines le supplice de l’écartèlement, et qui, dans les scores fleuves de ses principaux leaders – Bertrand, Pécresse, Wauquiez -, retrouve soudain des couleurs et, pour la suite, des raisons d’espérer. On aurait voulu, poursuit Le Figaro, commenter la contre-performance du RN, renvoyé, une fois encore, à la malédiction du “plafond de verre”. On aurait voulu ironiser sur les fines manœuvres ourdies par les stratèges de l’Élysée, pour prendre ses adversaires dans la tenaille de ce duel Macron-Le Pen à tous imposé. On aurait voulu, en somme, faire de la politique, mais l’abstention – vertigineuse – suspend l’analyse et sonne l’alerte civique. »

Pas dans le même monde

Pourquoi une si forte abstention ? La Charente Libre propose cette piste : « quand deux-tiers des électeurs refusent de se rendre aux urnes, ce n’est pas par inconscience démocratique mais bien parce qu’ils avaient un message clairement politique à envoyer : nous vivons dans le même pays mais pas dans votre monde. Alors, ils l’ont fait savoir. C’est aussi une leçon démocratique, poursuit La Charente Libre. Pas seulement pour la classe politique mais aussi pour une grande partie des médias qui ne cesse de faire du duel Macron – Le Pen, le seul match possible de 2022. Résultat, le gouvernement, comme le RN, sont les deux principaux mis en échec des scrutins d’hier. Et quand la politique se réduit à l’enchaînement de polémiques et de clics à clash sur les réseaux, il ne faut pas s’étonner qu’une partie de plus en plus importante du pays se détourne de l’envie de s’exprimer dans les urnes. »

De vrais débats ?

Alors comment redonner l’envie de voter ? Question posée par Sud-Ouest au politologue Ludovic Renard : « c’est la question de fond au lendemain de ce premier tour. L’abstention devient structurelle, constate-t-il. Beaucoup pensent que voter ne sert à rien, que rien ne change grâce à un bulletin. Avec le Covid, on est davantage dans le domaine de la gestion (masques, lits dans les hôpitaux…) que dans celui du débat d’idées, ce qui est le propre de la politique. Ce n’est pas ça qui va redonner envie de voter… La remobilisation politique viendra peut-être, estime Ludovic Renard, à la faveur de débats autour du développement durable ou du réchauffement climatique. Il faut l’espérer. »

kadi

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