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(observateurcontinental)Le Pentagone s’arme contre les missiles hypersoniques russes

 (observateurcontinental)Le Pentagone s’arme contre les missiles hypersoniques russes

Les Etats-Unis ont l’intention de surveiller les lancements de missiles hypersoniques et c’est pourquoi ils ont décidé de mettre en place un groupe de satellites sur l’orbite circumterrestre moyenne inhabituelle à de telles fins. Les premiers essais sont prévus pour 2022, et en cas de réussite le groupe en question serait déployé d’ici 2029. Dans quelle mesure ce système sera-t-il efficace contre les tout nouveaux missiles balistiques et hypersoniques russes? 

Les forces spatiales américaines ont l’intention d’entamer en novembre 2022 les essais de prototypes numériques de satellites d’alerte anticipée de lancement de missiles. Ils seront destinés à l’orbite circumterrestre moyenne inhabituelle. Selon le média Breaking Defence, le déploiement de satellites sur une orbite plus basse, et non géostationnaire habituelle, permettra de surveiller les lancements de missile de croisière, balistiques et hypersoniques, ainsi que d’améliorer la précision et la tolérance aux pannes. L’orbite circumterrestre moyenne se trouve entre les orbites habituelles circumterrestres basses et géostationnaires dans un intervalle de 5000-20000 km d’altitude. 

Il est prévu d’équiper les nouveaux satellites d’un système de rayonnement infrarouge permanent de nouvelle génération (OPIR). En mai dernier, les militaires ont signé des contrats avec les compagnies Raytheon et Millennium Space Systems (fait partie de Boeing) pour la conception de prototypes numériques de satellites Missile Track Custody Prototype (MTCP). Ils serviront à tester les structures des capteurs OPIR de nouvelle génération avant la création de satellites réelles. Ces capteurs sont censés détecter des traces infrarouges lors d’un lancement de missiles, puis transmettre les coordonnées à d’autres satellites et stations terrestres pour suivre sans interruption le vol du missile. 

En 2018 déjà, le département de la Force aérienne des Etats-Unis a alloué 2,9 milliards de dollars à la compagnie Lockheed Martin pour la conception de trois satellites équipés de capteurs OPIR. La compagnie aérospatiale et militaire Northrop Grumman construit deux autres satellites prévus pour les orbites polaires. Les forces spatiales américaines ont l’intention d’organiser des essais orbitaux anticipés au sol à l’aide de prototypes numériques. Si ce projet était reconnu comme une réussite, écrit Breaking Defence, commencerait alors l’étape suivante impliquant des essais en orbite circumterrestre moyenne. Le lancement du premier satellite de ce type est prévu pour 2025 ou 2026, et d’ici 2029 les Américains comptent mettre en service tout le groupe. 

A l’heure actuelle, à titre de dispositif d’alerte anticipée depuis l’espace les Etats-Unis utilisent un nombre relativement réduit de grands satellites en orbite géostationnaire connus comme le système infrarouge spatial (SBIRS). Ces satellites sont optimisés pour avertir des lancements de missiles nucléaires car ils sont capables de détecter un flash infrarouge partout sur la planète. 

Cependant, ces satellites ne peuvent pas suivre les appareils hypersoniques manœuvrables dont disposent la Russie et la Chine. Le fait est que les cibles hypersoniques sont 10-20 fois “plus ternes” que la trace thermique laissée par un missile balistique. Lors d’un tel lancement le missile ne laisse pas de “flash” et vole trop bas pour être détecté par les radars terrestres de la défense antimissile. 

Actuellement, les Etats-Unis possède des capacités techniques pour créer un système qui surveillera les lancements de missiles hypersoniques. Cela nécessite des satellites réduits avec un large champ de vision en orbite circumterrestre basse. Le fait est que des centaines de satellites sont nécessaires pour couvrir une grande superficie. C’est pourquoi les Etats-Unis ont songé aux appareils sur une orbite inhabituelle. 

Grâce à un budget militaire pratiquement illimité les Etats-Unis tentent ainsi de réagir aux menaces qui surviennent, notamment à l’apparition de l’arme hypersonique. 

Cependant, les experts doutent que ce système sera efficace contre les missiles hypersoniques. Contrairement à un missile balistique, leur décollage ne s’accompagne pas d’une flamme, qui est une puissance source de rayonnement infrarouge. Dans le cas des missiles hypersoniques tout dépendra du type et des capacités des capteurs des nouveaux satellites américains. 

Le suivi du vol d’un missile hypersonique n’est que la moitié du problème. La principale difficulté consiste à le détruire. Hormis le suivi du lancement, il faut transmettre les informations et pointer sur le missile le dispositif de défense antimissile. Pour intercepter un missile hypersonique qui vole à une vitesse de Mach 5, le missile intercepteur doit suivre une trajectoire en sens inverse ou développer une plus grande vitesse, par exemple Mach 8. Pour cela les moyens de défense antiaérienne et antimissile doivent être disposés d’une certaine manière, ce qui est financièrement inabordable, affirment les experts. Car il sera nécessaire d’installer des systèmes antimissiles sur tout le périmètre de l’Amérique, et non en Europe ou en Alaska. 

Toutefois, le déploiement d’un tel système ne serait pas complètement inutile. Même la possession de l’information sur le vol d’un missile représente déjà un immense avantage.

houssainatou

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