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(rfi.fr)Renforcer ses capacités technologiques pour ne plus dépendre des matières premières.

 (rfi.fr)Renforcer ses capacités technologiques pour ne plus dépendre des matières premières.

Le constat n’est pas nouveau, mais il est plus frappant que jamais en cette période de crise. La majorité des économies en développement sont encore trop dépendantes de l’exportation des matières premières. C’est la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) qui le souligne, en recommandant à ces États de profiter de la crise pour se réformer. En particulier, en renforçant leurs capacités industrielles et technologiques.  Publicité

Cet énième appel aux réformes repose sur un constat lui aussi récurrent. La crise sanitaire et ses effets ont révélé la vulnérabilité des pays en développement tributaires des produits de base, tels qu’on les appelle dans le jargon de l’ONU. Ils sont 85 pays à entrer dans cette catégorie. Leurs recettes d’exportation dépendent à 60% au moins de produits primaires comme le pétrole, le cuivre, le lithium, le coton ou le bois. 

La chute brutale de la demande mondiale l’an dernier a lourdement grevé les budgets de ces pays, contraints de s’endetter pour compenser cette chute des recettes. 

La recommandation principale de la CNUCED est de ne pas compter uniquement sur la remontée des prix des matières premières

Alors que certaines matières comme le cuivre ont vu leur prix doubler depuis l’an dernier, la tentation serait grande d’en produire davantage pour augmenter ses recettes.

Le piège des produits de base, cette dépendance peut durer de longues années estime la CNUCED. Et elle rend l’économie du pays vulnérable à chaque choc, à chaque fluctuation des prix. Ainsi, selon la Banque africaine de développement, en 2020, le PIB de la République du Congo a particulièrement souffert avec -7,9% ; ou la Guinée équatoriale avec un recul de 6,1%. Même situation dramatique pour les pays du Golfe. Ils continuent de souffrir malgré le redressement des prix du pétrole et en dépit des efforts récents de diversification de leur économie car les revenus des hydrocarbures représentent encore 50 à 80% de leurs recettes fiscales.

Mais ce n’est pas une fatalité, explique la CNUCED

Même si un État peut rester des décennies dans le « piège » des produits de base, il peut en sortir. À condition d’innover et d’adopter des technologies pour mieux transformer ses ressources. On peut citer l’exemple de la Malaise, passée de l’exportation de caoutchouc à la fabrication de pneus et gants chirurgicaux. Le Botswana qui a progressé dans la chaîne de valeur des diamants. Ou encore le Costa Rica, passé en quatre décennies de l’exportation essentiellement de café et de bananes à celles de microprocesseurs, nettement plus valorisés. Cela s’est fait à chaque fois avec une impulsion politique forte et au long cours, avec, cela va de soi, une vision de long terme des gouvernements. On y arrive d’autant mieux qu’on s’appuie sur les ressources existantes : la matière première de base, bien sûr, mais aussi le capital humain, le tissu entrepreneurial et universitaire national.

Tous les États ne peuvent pas si facilement envisager le changement

Très souvent, il faudra un apport extérieur, financier mais surtout technologique. La CNUCED rappelle que des fonds spéciaux sont prévus par exemple dans l’Accord de Paris pour transférer ces innovations des pays développés vers les pays en développement. Dernièrement, un consortium sud-africain s’est associé à l’OMS, au mécanisme COVAX et un réseau de chercheurs locaux en vue de produire le premier centre de transferts de technologie pour les vaccins à ARN-messager contre le Covid-19. Pour les États qui n’ont pas les ressources de l’Afrique du Sud, la crise est le moment opportun pour améliorer à long terme l’environnement des affaires sans cesse décrié. Et ainsi préparer le terrain afin d’accueillir les futurs investissements susceptibles d’amener le pays sur la voie d’une transformation de l’économie axée sur la technologie. Et finir par sortir du « piège » de la dépendance aux produits de base.

CO

kadi

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