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By SAtercom - Guinée

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(rfi.fr)Soudan du Sud: «L’indépendance est venue trop vite et a été mal préparée»

 (rfi.fr)Soudan du Sud: «L’indépendance est venue trop vite et a été mal préparée»

C’est le plus jeune pays du monde, mais aussi l’un des plus meurtris. Ce vendredi 9 juillet, le Soudan du Sud fêtera les 10 ans de son indépendance. Depuis 2013, la guerre civile a fait près de 400 000 morts et les Sud-Soudanais sont de plus en plus pauvres. 80% d’entre eux vivent au dessous du seuil de pauvreté, contre 50% il y a 10 ans ! Qui est responsable de cette catastrophe historique ? Y a-t-il quand même une lueur d’espoir aujourd’hui ? Roland Marchal est chercheur au CNRS, basé à Sciences Po Paris. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. Publicité

RFI : Vu les 400 000 morts de la guerre civile, est-ce que beaucoup de Sud-Soudanais ne regrettent pas l’indépendance ?

Roland Marchal : Non, je crois, paradoxalement, que non. Et je le dis, alors que je n’ai jamais été personnellement un très grand admirateur du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS), qui a conduit à la guerre civile et a abouti à cette indépendance. J’ai toujours pensé, personnellement, que cette indépendance était venue trop vite et était très mal préparée, sans explorer d’autres solutions. La population du Sud-Soudan a voté ultra-majoritairement pour l’indépendance et je crois, aujourd’hui, que, même si beaucoup de gens ont les larmes aux yeux en pensant à tous ceux qu’ils ont perdu depuis dix ans, je crois qu’il y a très peu de regrets, quand même, sur le fait que le pays est devenu indépendant.

Et ce qui frappe, depuis dix ans, c’est l’hostilité entre les deux communautés principales du pays, les Dinkas de Salva Kiir et les Nuers de Riek Machar, est-ce que c’est vraiment indépassable ?

Je poserais le problème autrement. Ce qui est frappant et ce qui d’ailleurs avait été vu à l’époque, c’est au moment de l’accord de paix, en 2005, donc six ans avant l’indépendance, c’est que c’était un accord entre deux pouvoirs. Ce n’était pas un accord qui allait redonner la parole à la population du Sud-Soudan. C’était, très clairement, [un accord qui disait] que le Nord-Soudan appartenait à Omar el-Béchir et au parti du Congrès national et que le Sud-Soudan appartenait au MPLS, donc au mouvement qui était alors dirigé par John Garang. Donc on n’a peut-être pas prêté toute l’attention qu’il fallait alors aux débuts, c’est-à-dire aux prémices de la construction ou de la reconstruction d’un appareil d’État au Sud-Soudan et de la place qui était faite aux uns et aux autres. Pas simplement aux groupes armés rebelles, mais également à l’expression des populations civiles, qui finalement, dans ce conflit, ont été brutalisées par le MPLS.

L’éclatement de la guerre civile, en décembre 2013, à qui la faute ? À la volonté hégémonique de Salva Kiir ou à la tentative d’un putsch de la part de Riek Machar ?

Je crois que l’idée d’un putsch a été récusée depuis très longtemps. Salva Kiir est un personnage assez compliqué sous sa rudesse première. Salva Kiir avait fait des promesses, disant qu’il abandonnerait le pouvoir, une fois les élections organisées, qu’il n’entendait pas être candidat… Son entourage ne le voyait pas du tout comme cela. Passer la main, comme cela avait été implicitement acquis, à son vice-président, qui a lui-même de très grands défauts, c’était quelque chose qui était inacceptable. Donc ce sont aussi les entourages, qui ont joué, des deux côtés, des rôles de pousse au crime au sens fort du terme, puisque des crimes de masse ont été commis de part et d’autre, dans la guerre civile.

Depuis trois ans, il y a une accalmie, quand même, sur le terrain. Il y a un gouvernement d’union nationale, il y a, depuis deux mois, un « Parlement reconstitué »… Est-ce que tout cela ne va pas dans la bonne direction ?

On voudrait l’espérer. D’un autre côté, il faut nommer les gouverneurs et il faut surtout que les institutions se mettent en place, il faut construire du droit. De plus, vous avez, aujourd’hui, une multiplicité de groupes armés que l’on peut appeler les différents segments d’une armée sud-soudanaise en formation, pour être très gentil… Mais ces groupes-là continuent à mener des escarmouches les uns contre les autres et l’idée que l’on puisse, dans un avenir relativement proche, aboutir à une armée nationale à peu près décente, avec une chaîne de commandement unique et une composition nationale, cela reste, à mon avis, un vœu pieux, même si beaucoup de Sud-Soudanais et si la communauté internationale essai de s’activer dans ce sens.

Le 25 mai, le gouvernement a lancé le processus de mise en place d’une constitution, en vue – peut-être – d’élections générales dans deux ans. Est-ce que cela vous paraît possible ?

Là, il faut raison garder. Et surtout, il faut se dire que les élections, pour être organisées dans des conditions décentes, vont nécessiter une infrastructure administrative et une capacité logistique, qui aujourd’hui fait totalement défaut au gouvernement sud-soudanais, y compris s’il y a une aide internationale massive.

Est-ce qu’il y a une lassitude de la guerre et finalement l’acceptation, par les deux principaux camps, d’une sorte de partage du pouvoir ?

Peut-être, au moins chez certains. Et puis le fait que [le régime de] Khartoum ait changé, que le Kenya et l’Ouganda aient leurs propres problèmes en ce moment, c’est peut-être, effectivement, un moment qui permet de faire baisser la tension et peut-être d’espérer, certainement d’essayer d’avoir une vie politique un peu plus normalisée. Ce qui est sûr, c’est que les bonnes relations avec le nouveau gouvernement à Khartoum jouent réellement un rôle extrêmement positif, pour limiter les effets de « spoiler » [saboter] que l’on a eus tellement souvent sous Omar el-Béchir. Cela montre aussi qu’il est possible d’avoir de bonnes relations avec l’ennemi d’avant. Puisque, quand même, le « Nord-Soudan » reste pensé comme un ennemi pour l’essentiel de la population du Sud-Soudan, cela incite aussi à se dire que, si l’on arrive à avoir des liens non-hostiles avec ceux du « Nord-Soudan », on peut peut-être [à l’intérieur du Sud-Soudan] avoir aussi des liens non-hostiles avec ses voisins Nuer ou Dinka ou autres, d’ailleurs, parce qu’il y a bien d’autres conflits que ceux entre ces deux-là.

kadi

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